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La protection de la population civile doit rester la priorité

Fidèle à sa mission, le FIFDH s’efforce d’apporter des clés de lecture aux conflits qui traversent le monde contemporain et s’engage à soutenir et relayer les voix qui s’élèvent pour dénoncer les violations faites aux droits humains, partout où elles se produisent. Depuis l’escalade des violences entre le gouvernement israélien et le Hamas, de nombreuses voix convergent et clament sans relâche : la priorité est à la protection des populations civiles et au cessez-le-feu immédiat.

Faisant écho aux déclarations d’Amnesty International, de MSF, de Human Rights Watch, de l’OHCHR, ainsi que de nos autres partenaires sur le terrain, le FIFDH appelle toutes les parties à protéger la vie des civil‧es pris‧es dans les hostilités, comme l’exige le droit international ; et rappelle l’urgence de tout mettre en œuvre pour obtenir un cessez-le-feu et garantir l’entrée de l’aide humanitaire à Gaza.

« À l’heure où toutes les parties au conflit continuent à commettre des violations du droit international – dont des actes qui constituent incontestablement des crimes de guerre – il est urgent de mettre fin à l’impunité qui règne, et de rappeler que tant que la communauté internationale refuse de mettre en œuvre des mesures qui s’attaquent sérieusement aux causes de ce conflit, aucune paix durable ne sera possible. »
soulignent Laura Longobardi & Laila Alonso Huarte, directrices éditoriales

Quel rôle peut jouer un Festival de cinéma dans un moment comme celui-ci ?

« Depuis 22 ans, le FIFDH s’engage en faveur de celles et ceux qui défendent les droits humains, propose des films qui nourrissent le débat, et défend le rôle du cinéma comme outil de réflexion critique.

Fidèle à ses engagements, le Festival cherche à mettre en avant le travail des activistes et des cinéastes engagé‧es, dont les films constituent une forme de documentation – qui rend compte de la réalité telle qu’elle est vécue par les personnes sur le terrain – sauvegardant des récits et des histoires de l’oubli. L’un des objectifs principaux du Festival est de sensibiliser le public au contexte géopolitique qui sous-tend les événements récents et de tenter d’apporter des clés de compréhension dans la durée. » – Laila Alonso Huarte

« Le FIFDH, en tant qu’événement culturel dédié aux droits humains, doit continuer à jouer le rôle qui a toujours été le sien, depuis sa création en 2003 : celui de proposer un espace de dialogue et d’échange où les différents points de vue exposés permettent de se former ses propres idées sur des situations complexes. C’est seulement grâce à la compréhension de la complexité que chacun et chacune peut se faire ses propres opinions sur les conflits en cours et agir en conséquence.

Au fil des années, le Festival a très souvent couvert le conflit Israélo-Palestinien, en proposant des films qui reflètent différentes perspectives de la situation sur le terrain, et des débats qui ont toujours mis au centre le dialogue entre les différentes parties, en donnant la parole à celles et ceux qui, d’une partie tant que de l’autre, œuvrent pour la paix. Certains de ces films nous parlent encore aujourd’hui.” – Laura Longobardi

Retrouvez une liste de films et débats traitant de la thématique en bas de page.

Quel est le message que le FIFDH souhaite faire passer ?

Il est évident qu’en ce moment tragique d’urgence humanitaire sur le terrain, la priorité est de rappeler à toutes les parties belligérantes l’obligation du respect des droits humains et du droit humanitaire, que ce soit en Ukraine, en Israël, en Palestine ou ailleurs dans le monde.

Au cœur de cet ensemble de règles qui encadrent les conflits, l’interdiction de toute violence contre les civil·es – trop souvent en première ligne ou pris en otage de toutes parts dans cette situation – et le devoir de protection et d’assistance aux victimes. La protection de la population civile doit rester au centre des efforts diplomatiques de la communauté internationale, comme le rappellent les acteur·ices du terrain. 

Il est grand temps de mettre au premier plan politique le droit qui régit la guerre, et de renforcer les manières de faire respecter le droit humanitaire – qui s’impose à toutes et tous, et ne se négocie pas.

Laura Longobardi et Laila Alonso Huarte, directrices éditoriales du FIFDH

Quelques ressources pour aller plus loin

Films

H2: The Occupation Lab de Idit Avrahami et Noam Sheizaf (2022, présenté au FIFDH 2023). Ce film raconte comment la ville palestinienne de Hébron sert de laboratoire politique pour l’occupation israélienne depuis 1967. On y découvre les conséquences de la colonisation par une frange religieuse, aussi bien dans la vie quotidienne que dans les événements extrêmes comme le massacre de 1994.

Blue Box de Michal Weits (2021, présenté au FIFDH 2022). En Israël, tout le monde connaît les « boîtes bleues » qui ont servi dans les années 50 à collecter des fonds pour l’achat de terres en Palestine. Joseph Weits, l’arrière-grand-père de la cinéaste, est connu pour avoir planté des millions d’arbres, moins pour avoir orchestré l’expropriation des terres palestiniennes. Ses journaux intimes révèlent une vérité inconfortable

Gaza de Garry Keane et Andrew Mcconnell (2019, programmé au FIFDH 2020). Les cinéastes dressent un portrait de Gaza par delà les ruines et le conflit sans fin, à partir de Karma et Ahmed, deux ados que tout sépare : Ahmed vit dans un camp de réfugié·es avec son père, ses 3 femmes et ses 35 frères et soeurs, aspirant à devenir pêcheur. Quant à Karma, elle vit dans un appartement de la classe moyenne libérale, et rêve d’un ailleurs impossible. Ce morceau de cinéma raconte une Gaza qui porte haut ses couleurs et sa vivacité, sa musique, sa complexité et sa fierté. Disponible sur vimeo.

PS Jerusalem de Danae Elon (2015, présenté au FIFDH 2016). Fille de l’intellectuel Amos Elon, la cinéaste décide de quitter New York avec son compagnon pour retourner dans sa ville natale, Jérusalem. Sa caméra montre leurs trois enfants grandir, poser sans cesse des questions et faire face à la réalité qui les entoure. Cet endroit qu’elle voyait autrefois comme son pays met son couple en péril. Un portrait douloureux, complexe et profond de Jérusalem. Disponible sur tënk

Habibi de Susan Youssef (2011, programmé au FIFDH 2012). Inspiré d’une des légendes les plus populaires d’Orient, Habibi nous conte l’amour interdit de Leila et Qays, deux jeunes étudiants palestiniens. Ce thème universel, sert de prétexte à la réalisatrice Susan Youssef pour pénétrer, une fois de plus, la réalité dans la bande de Gaza. Disponible sur Netflix.

Budrus de Julia Bacha (2009, présenté au FIFDH 2011). Pour sauver son village des bulldozers israéliens, Ayed Morrar décide de protester de façon non violente contre le mur de séparation qui viendrait encercler son village. Cet activiste réussit alors l’impossible : unir sous la même bannière des Palestinien·nes, toutes tendances confondues et des militant·es israélien·nes pour la paix.

Gaza-Sderot, Chroniques d’avant-guerre de Serge Gordey, Robby Elmaliah et Khali al Muzayyen (2009, présenté au FIFDH 2009). Rendre compte de la réalité telle qu’elle est vécue par des hommes, des femmes et des enfants à Gaza (Palestine) et Sderot (Israël) : leur vie et leur survie au jour le jour. Malgré la menace des attaques aériennes ou des tirs de roquettes, on continue à travailler, s’aimer, rêver. La vie malgré tout.

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