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La programmation 2026 est dévoilée

Du 6 au 15 mars 2026 à Genève, le FIFDH devient un espace d’échange et d’engagement, où activistes, cinéastes, journalistes et publics se réunissent autour du cinéma pour questionner le monde et défendre les droits humains.

À cette occasion, le FIFDH accueille notamment Adèle Haenel, Francesca Albanese, Yara El-Ghadban, Claire Denis, Vanessa Eileen Thompson, Féris Barkat, Nina Meurisse, Susan Stryker et Charles Villa.

Vidéo : Théo Laglisse | Musique : Julie Bellard & Yoanne Rey

Dérives autoritaires et spectre du fascisme

Dans un contexte où la montée de l’autoritarisme, aux États-Unis comme en Europe, participe à la normalisation de logiques et discours néofascistes, le FIFDH interroge les dérives qui en découlent. Alors qu’un Forum se focalise sur les États-Unis, où les pratiques de l’administration Trump fragilisent les institutions démocratiques, un autre se concentre sur l’Europe, où l’indépendance de la justice et des médias, ainsi que la liberté de manifestation, sont de plus en plus menacés. Présenté en première mondiale, Le Cas Meloni (Anna Bonalume et Jérémy Frey) introduit cette réflexion. Le FIFDH questionne ces logiques de répression à l’échelle mondiale à travers des Forums sur la situation en Argentine, en Chine ou encore en Iran.

The Librarians de Kim A. Snyder suivi du Forum États-Unis : la dérive autoritaire

Sa 07.03, 19:30, Espace Pitoëff – Grande Salle – Co-présenté avec Amnesty International

Partout, les groupes déjà minorisés dans la société sont les premières cibles des gouvernements autoritaires. Pour visibiliser le recul des libertés fondamentales et manifester sa solidarité avec celles et ceux qui les défendent, le Festival propose des films et des discussions abordant plusieurs thématiques : violences policières et justice raciale (en présence, notamment, de l’activiste et professeure Vanessa Eileen Thompson), offensives conservatrices contre les personnes trans (avec le documentaire Just Kids avec l’historienne Susan Stryker), résistance ordinaire au régime d’apartheid en Afrique du Sud (avec la fiction Laundry), emprise du politique sur l’intime (avec les fictions Julian de Cato Kusters, en présence de l’actrice Nina Meurisse et Between Dreams and Hope de Farnoosh Samadi).

Just Kids de Gianna Toboni

Laundry de Zamo Mkhwanazi

Dérives de l’ordre international

La 24e édition du FIFDH explore les enjeux de l’érosion de l’ordre international à travers deux Forums consacrés aux conséquences de l’impérialisme contemporain, notamment l’exploitation des ressources et les conflits qu’elle alimente en République démocratique du Congo (Kivu) et au Soudan, où les civils sont pris·es en étau. Palestine 36 (Annemarie Jacir) revient sur le soulèvement de la population palestinienne de 1936 face à la domination coloniale d’une région sous mandat britannique et éclaire les racines d’un conflit qui cristallise les failles de l’ordre international.

Ces failles seront également analysées avec la rapporteuse spéciale à l’ONU Francesca Albanese à l’issue de la projection de Disunited Nations, qui rend compte de l’inaction de la communauté internationale face au génocide en cours à Gaza. À travers un Forum consacré à la crise du multilatéralisme, le FIFDH interroge le rôle de la Genève internationale, affaiblie par de lourdes coupes budgétaires et par le non-respect du droit international.

Disunited Nations de Christophe Cotteret suivi du Forum L’échec du droit international à Gaza

Ve 13.03, 20:30, Espace Pitoëff – Grande Salle – Co-présenté avec ARTE et Mediapart

Luttes collectives et mobilisation de la société civile

En réponse aux dérives autoritaires, aux crises et au risque d’effondrement démocratique, les mouvements de résistance se multiplient. From GAZA with LOVE, un projet porté par le reporter Charles Villa donne ainsi la parole aux enfants de Gaza. Le Forum Gaza : résister, témoigner, créer (notamment en présence de l’autrice Yara El-Ghadban) présente une série de courts métrages issus de From Ground Zero +, réalisés par des cinéastes gazaoui·es et produits par Rashid Masharawi, affirmant l’art comme acte de résistance face à la tentative d’anéantissement qui vise également la culture et la mémoire.

L’urgence climatique sera analysée sous le prisme de l’action citoyenne lors d’un Forum réunissant le sociologue Nicolas Framont et les activistes Féris Barkat et Pippi van Ommen (Extinction Rebellion). Il sera précédé de la première internationale du film The System (Joris Postema). À l’issue de la projection de Portuali (Perla Sardella), qui suit les dockers de Gênes, uni·es dans une lutte syndicale visant à entraver le commerce mondial des armes, la comédienne et militante Adèle Haenel et la romancière et militante Sarah Schulman interviendront lors d’un Forum pour interroger la solidarité comme pratique politique concrète, située et engagée.

La programmation met également en lumière d’autres formes d’engagement, plus intimes, comme celui de Mailin (María Silvia Esteve), en quête de justice face à l’impunité d’un prêtre l’ayant abusée ; Black Water (Natxo Leuza) qui explore les liens entre justice climatique et migrations forcées ou encore A Fox Under a Pink Moon (Mehrdad Oskouei et Soraya Akhlaghi), où l’art devient refuge pour une jeune afghane confrontée à la violence patriarcale et à l’exil.

Portuali de Perla Sardella suivi du Forum La solidarité n’est pas un slogan

Lu 09.03, 19:00, Espace Pitoëff – Grande Salle

Le FIFDH : plateforme d’impact et de cinéma

Avec son programme professionnel Impact Days, le FIFDH accompagne de nombreux films encore en production dans leurs campagnes d’impact et leurs initiatives de changement. Dans sa nouvelle section Impact Spotlight, le FIFDH présente en première européenne Yurlu | Country (Impact Days 2025), qui met en lumière la responsabilité des autorités australiennes et des entreprises face aux ravages de l’amiante sur les populations autochtones. En première internationale, Molly vs the Machines (Marc Silver) raconte le combat d’un père pour faire reconnaître les responsabilités de la plateforme Meta suite au suicide de sa fille. Traces (prix Sublimages, Impact Days 2025) donne la parole aux survivantes de viol devant l’amnistie des soldats russes en Ukraine.

Yurlu | Country de Yaara Bou Melhem

Traces d’Alisa Kovalenko & Marysia Nikitiuk

Le Festival se clôturera le dimanche 15 mars en présence de l’emblématique réalisatrice Claire Denis, qui présentera son dernier film, Le Cri des gardes, en première suisse. Une rétrospective lui sera également consacrée à la Cinémathèque suisse à partir du 17 mars.