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24e édition – Clap de fin 

 

La 24e édition du Festival du film et forum international sur les droits humains de Genève a rencontré un large succès, rassemblant plus de 32’000 festivalier·ères et affichant des salles pleines tout au long du Festival.

FIFDH 2026 © Manon Voland

« Les films présentés au FIFDH viennent du monde entier et nous rappellent que les droits humains ne sont pas seulement des concepts légaux : ce sont des réalités dans lesquelles nous vivons, quelle que soit notre identité ou l’endroit d’où nous venons (…). Les artistes qui créent ces films donnent une voix à la majorité silencieuse et sont, de ce fait, des défenseur·euses des droits humains. »
Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, 6 mars 2026

Pendant dix jours, le public a découvert une programmation de cinéma riche et en résonance avec l’actualité. Il a également participé à des discussions marquantes, proposant l’éclairage de plus de 200 invité·es des milieux artistiques, scientifiques, politiques et militants. Dans une ère marquée par l’autoritarisme et les conflits, le Festival a réaffirmé la force des images et de l’échange. Treize œuvres ont été récompensées, notamment des films venus d’Iran et du Soudan qui racontent l’exil, les luttes, la résilience et l’espoir.

Moments forts

Parmi la vingtaine de Forums, plusieurs discussions ont marqué les esprits et rempli les salles. Comment contrer la refascisation de l’Europe ?, avec les historien·nes et militant·es Stefanie Prezioso, Narjess Djaafar, Emmanuel Achiri et Meriam Mastour, a proposé une analyse des mécanismes de banalisation de l’extrême droite et de l’érosion de l’État de droit. Le Forum L’échec du droit international à Gaza a interrogé l’impuissance des institutions internationales face aux violences infligées aux populations civiles, en écho au travail de la rapporteuse spéciale de l’ONU sur la situation des droits humains dans les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese. Enfin, la discussion La solidarité n’est pas un slogan, avec Sarah Schulman et Adèle Haenel, a exploré la solidarité comme pratique politique exigeante, traversée de tensions mais essentielle aux luttes contemporaines. Autant de moments d’échanges intenses qui ont nourri la réflexion collective face aux crises actuelles.

Films primés

Les deux jurys internationaux de la 24e édition du FIFDH dévoilent un palmarès composé de trois œuvres. De l’Afghanistan et l’Iran avec A Fox Under a Pink Moon de Soraya Akhlaghi et Mehrdad Oskouei, récit courageux d’une jeune artiste afghane qui filme son parcours vers l’exil et son combat pour la vie malgré les dangers ; en passant par la Pologne avec Letters from Wolf Street de Arjun Talwar, chronique intime de l’immigration et des frontières invisibles du racisme ordinaire ; jusqu’au Soudan avec Cotton Queen de Suzannah Mirghani, fiction lumineuse qui mêle mémoire, luttes de pouvoir et récits de femmes. Trois films, trois continents et une même conviction : le cinéma peut encore remettre en question les récits dominants et donner la parole à celles et ceux qu’on cherche à réduire au silence.

Impact du FIFDH

Le prix Vision for Human Rights, décerné par le Jury Focus composé de représentant·es d’Amnesty International Suisse, de l’International Service for Human Rights, de l’EPER/HEKS, du Policy/Strategy Group et de la Convention de Ramsar sur les zones humides, a été attribué à Yurlu | Country de Yaara Bou Melhem (sélection Impact Days 2025). Ce documentaire porte sur la mine d’amiante de Wittenoom, exploitée sans considération pour les communautés aborigènes, détentrices traditionnelles des terres. Le film dénonce les abus coloniaux, l’impunité des entreprises, les nombreuses violations aux droits humains et la dégradation de la nature, tout en soulignant l’urgence d’établir des responsabilités juridiques réelles. Fidèle à sa volonté de faire résonner les voix des cinéastes et des protagonistes au-delà des salles de cinéma, le Festival et ses partenaires ont également permis à la réalisatrice et à Johnnell Parker, vice-présidente de la communauté aborigène australienne Banjima, de s’exprimer à l’ONU, lors d’un événement parallèle au Conseil des droits de l’homme.