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Retour sur le Human Rights Film Tour 2025

En 2025, la tournée internationale conjointe du FIFDH et de UN Human Rights s’est à nouveau établie comme une plateforme incontournable de sensibilisation et d’échange autour des droits humains, par le biais de films créatifs et engagés. 

Cette édition 2025 s’est ancrée dans la campagne annuelle des Nations Unies intitulée Everyday Essentials, qui rappelle que les droits humains ne sont pas des principes abstraits, mais des avancées concrètes qui forment notre quotidien. La programmation réunissait plusieurs films issus de précédentes éditions du FIFDH, ainsi que des projets présentés dans le cadre de son programme professionnel Impact Days. Déployée entre le 14 novembre et le 17 décembre 2025, la tournée s’est inscrite dans le cadre de la Journée internationale des droits humains (10 décembre).

Le courage de défier les normes sociales

The Brink of Dreams a été projeté à plusieurs reprises durant la tournée : d’abord à Harare (Zimbabwe) et à Addis-Abeba (Éthiopie) en novembre, puis le 10 décembre à Conakry (Guinée), Phnom Penh (Cambodge) et Nouakchott (Mauritanie). Le film a ensuite poursuivi son parcours à Podgorica (Monténégro) et à Vienne (Autriche), avant de clore la tournée à Bujumbura (Burundi) le 17 décembre 2025.

À Nouakchott, la projection du film a réuni un public majoritairement jeune, composé en grande partie d’élèves du secondaire. Les échanges ont permis d’aborder les droits de l’enfant, notamment les normes sociales imposées dès l’adolescence. « Le film montre avec force comment les filles sont stigmatisées dès le plus jeune âge, une réalité qui fait écho à ce que nous vivons en Mauritanie. Pourtant, ces filles ont le courage de défier les normes de la société, » a résumé une jeune participante.

Rendre visibles des récits marginalisés

Cette édition du HRFT s’est distinguée par une participation particulièrement élevée des cinéastes et des protagonistes aux échanges ayant suivi les projections, renforçant la dimension interactive de la tournée. Runa Simi a été projeté en décembre à Buenos Aires (Argentine), à New Delhi (Inde), à Asunción (Paraguay), et enfin à Lima (Pérou), où le film Karuara, People of the River a également été présenté le lendemain. Fernando Valencia, le protagoniste de Runa Simi, a accompagné le film lors de plusieurs étapes, notamment à Buenos Aires (Argentine), puis à Lima (Pérou), où il était présent aux côtés du réalisateur Augusto Zegarra.

À Lima, les échanges ont mis en évidence une forte identification du public avec les thématiques du film, en particulier des participant·es issu·es de communautés quechua. Plusieurs interventions ont souligné l’importance de porter cette histoire à l’écran pour rendre visibles des voix et des expériences historiquement marginalisées.

En écho à la campagne Human Rights: Our Everyday Essentials, un quipu collaboratif avait été installé à l’entrée de l’auditorium. Inspiré de ce système andin ancestral de communication et de transmission de savoirs, fait de cordes et de nœuds, ce dispositif invitait le public à suspendre un message exprimant ce qui lui semblait essentiel. Au fil des contributions, l’installation est devenue une œuvre collective rappelant la place des droits humains dans la vie quotidienne.

Le rôle du cinéma comme outil de plaidoyer

Certain·es cinéastes ont également participé à distance. Yaara Bou Melhem, réalisatrice de Yurlu | Country, est intervenue en visioconférence lors de l’événement organisé autour du film aux Fidji le 10 décembre. La discussion a abordé les droits des peuples autochtones, les questions de culture et d’identité, ainsi que les enjeux liés à la terre et aux industries extractives. Le rôle du cinéma comme outil de plaidoyer a également été au centre des échanges, notamment dans sa capacité à rendre audibles des voix marginalisées, à documenter des injustices et à nourrir des revendications de reconnaissance, de justice et de réparation. Dans ce contexte, Letila Mitchell, artiste et conseillère culturelle pour la région du Pacifique, a souligné que « Certains des films les plus forts sont ceux où le ou la cinéaste ne suit pas son scénario, mais la voix et les récits des personnes les plus affectées, souvent privées de parole. Un·e bon·ne réalisateur·ice doit savoir construire le film autour de ces histoires et se laisser guider par elles ; c’est là que le cinéma déploie sa forme de plaidoyer la plus puissante ». Le film a également été projeté à Port Moresby (Papouasie–Nouvelle-Guinée) le 9 décembre.

À Beyrouth, lors de la projection de Khartoum (10 décembre), Ibrahim Ahmad “Snoopy”, l’un des réalisateurs, a participé aux échanges. Parmi les moments les plus marquants de cette discussion; la prise de parole d’étudiant·es soudanais·es présent·es dans la salle, qui ont exprimé à quel point le film faisait écho à leur propre vécu, entre perte, résilience et espoir. Leurs témoignages ont ancré la discussion dans l’expérience vécue, rappelant avec force pourquoi ces récits demeurent essentiels.

Au total, le Human Rights Film Tour 2025 a compté 17 projections dans 16 pays, réunissant plus de 1’000 personnes. Par l’engagement actif de différents publics avec des cinéastes et activistes, la tournée a affirmé une conception du cinéma comme outil de mise en relation, d’analyse critique et de vigilance civique, en cohérence avec l’approche portée par le FIFDH à Genève.
Nous souhaitions remercier tous·tes celleux qui ont contribué à faire de cette tournée une expérience inoubliable à l’internationale !