De Kinshasa à Genève, les femmes* à la conquête de l'espace public

Grande traversée

Coup d’envoi d’une traversée au long cours sur les femmes* dans l’espace public : durant une année, nous allons cheminer sur ce fil rouge, faire écho aux grands rendez-vous féministes qui rythment l’année en proposant des contenus multimédias. Notre itinéraire culminera en 2022 lors de la vingtième édition du festival avec un état des lieux passionnant.

La conquête et la requalification de l’espace public par les femmes* et par les minorités de genre sont devenues des exigences impérieuses. La rue, les parcs, les agoras citadines ou virtuelles constituent des lieux où s’inscrivent autant le pouvoir que le partage démocratique de ce dernier, des lieux dont les femmes* veulent s’emparer pour ne plus y être déconsidérées. L’espace public n’est pas seulement le lieu d’une affirmation de l’égalité mais aussi symboliquement l’antichambre des institutions démocratiques où les femmes* doivent être représentées à parité.

Qu’ont en commun les rues de Kinshasa et de Genève, de Dakar et de Lausanne et que partagent les militantes qui s’y expriment ? Les femmes* battent partout le pavé pour porter haut et fort leurs revendications, mais le bruit de leurs pas résonne différemment que l’on soit sur les trottoirs bétonnés de Genève ou dans les venelles animées des villes africaines. Nous lançons des ponts pour souligner les parentés, les nuances et les différences qui font du sens. Nous voulons convoquer « l’ailleurs » et « l’ici », ouvrir une fenêtre sur le lointain et les problématiques internationales, mais aussi être ancré.es dans le tissu local et parler de ce qui se passe chez nous. Nous relayerons ce questionnement sur les réseaux sociaux avec La Carologie, vidéaste et étudiante en sociologie.

La première étape de notre voyage passe par Dakar et Genève, avec une fresque murale réalisée par trois artistes, une Sénégalaise et deux Genevoises. Nous nous arrêtons aussi à Kampala, en Ouganda, pour écouter Stella Nyanzi, une icône des luttes féministes qui pratique comme on le ferait d’un art martial l’irrévérence et la grossièreté.