Chanson douce • Leïla Slimani

Éditions Gallimard, 2018

Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d’un cabinet d’avocats, le couple se met à la recherche d’une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l’affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu’au drame. À travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c’est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l’amour et de l’éducation, des rapports de domination et d’argent, des préjugés de classe ou de culture. Le style sec et tranchant de Leïla Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un suspense envoûtant.


Sexe et mensonges, la vie sexuelle au Maroc • Leïla Slimani

Éditions Les Arènes , 2017

Sexe et mensonges, c’est la parole, forte et sincère, d’une jeunesse marocaine bâillonnée dans un monde arabe où le sexe se consomme pourtant comme une marchandise. Les femmes que Leïla Slimani a rencontrées lui ont confié sans fard ni tabou leur vie sexuelle, entre soumission et transgression. Car au Maroc, la loi punit et proscrit toute forme de relations sexuelles hors mariage, tout comme l’homosexualité et la prostitution. Dans cette société fondée sur l’hypocrisie, la jeune fille et la femme n’ont qu’une alternative : vierge ou épouse. Sexe et mensonges est une confrontation essentielle avec les démons intimes du Maroc et un appel vibrant à la liberté universelle d’être, d’aimer et de désirer.

Rencontre le 12 mars - 12h Espace Pitoëff - Théâtre Pitoëff • Co-présenté par la Société de Lecture


Piranhas • Roberto Saviano

Éditions Gallimard, 2018

Naples, quartier de Forcella. Nicolas Fiorillo vient de donner une leçon à un jeune homme qui a osé liker des photos de sa copine sur les réseaux sociaux. Pour humilier son ennemi, Nicolas n’est pas venu seul, il s’est entouré de sa bande, sa paranza: ils ont entre dix et dix-huit ans, ils se déplacent à scooter, ils sont armés et fascinés par la criminalité et la violence. Leurs valeurs, l’argent et le pouvoir. Ils ne craignent ni la prison ni la mort, mais une vie ordinaire comme celle de leurs parents. La seule distinction qui vaille est celle qui différencie les forts et les faibles. Pas question de se tromper de côté : il faut fréquenter les bons endroits, se lancer dans le trafic de drogue, occuper les places laissées vacantes par les anciens mafieux et conquérir la ville, quel qu’en soit le prix à payer.

Rencontre le 15 mars - 20h30 Espace Pitoëff - Grande Salle • Co-présenté par Les Éditions Gallimard


Une certaine idée de la justice • Dick Marty

Éditions Favre, 2018

De la plus grande saisie d’héroïne jamais réalisée en Suisse aux prisons secrètes de la CIA, du trafic d’organes au Kosovo à la situation des droits de l’homme en Tchétchénie, Dick Marty s’est engagé successivement dans les trois pouvoirs de l’État. Ce livre n’est pas seulement le récit inédit du protagoniste de ces investigations souvent périlleuses, mais aussi une réflexion critique sur des sujets politiques controversés. Après en avoir été un acteur engagé et reconnu, Dick Marty soumet la politique de la drogue à une analyse serrée pour en constater les failles : le prohibitionnisme n’a non seulement pas réussi à empêcher la diffusion des stupéfiants, mais il a surtout contribué à produire l’un des phénomènes criminels les plus importants de tous les temps.

Présent le dimanche 10 mars - 16h - Espace Pitoëff - Théâtre Pitoëff et le jeudi 14 mars - 18h30 - Musée International de la Croix- Rouge et du Croissant-Rouge


Sauvez les livres et les hommes • Père Najeeb

Éditions Grasset, 2017

Lorsque Mossoul tombe aux mains de Daech, plusieurs dizaines de milliers de chrétiens fuient la plaine de Ninive, au nord de l’Irak. Au cours d’une incroyable épopée, le père Michaeel Najeeb sauve des centaines de manuscrits vieux de plusieurs siècles que les djihadistes ont juré de réduire en amme, comme ils ont détruit Palmyre. Au péril de sa vie, ce dominicain de Mossoul nettoie, restaure et protège ces textes sacrés. Au cours de ce long exode, il construit aussi une arche pour sauver des familles de toutes confessions, chrétiens, Yézidis ou musulmans, tous enfants du désastre. Il les nourrit, les loge, les encourage. Voici un récit à hauteur d’homme, spirituel et plein d’espoir.

Présent le 16 mars - 18h15 Théâtre Pitoëff - Grande Salle • Co-présenté par OIF, Le Temps et la RTS


Tiens ils ont repeint, 50 ans d’aphorismes urbains de 1968 à nos jours • Yves Pagès

Éditions La Découverte, 2017

On dit des murs qu’ils ont des oreilles, mais sait-on qu’ils murmurent ? Celles et ceux qui, depuis le milieu du XIXe siècle, s’emploient illégalement à y laisser des traces – avec force craie, charbon, feutre, pinceau ou bombe aérosol – ont bien compris : les murs nous interpellent. Ils portent les mots qui, inscrits là sans destination ni droit de cité, sont livrés à tous les regards et contaminent l’espace public, troublant ainsi l’ordre du discours. La folle et jouissive collecte textuelle d’Yves Pagès – plus de 4000 graffitis urbains du monde entier des cinquante dernières années, dèlement retranscrits, datés et localisés – forme une mémoire inédite.

Présent le 9 mars - 16h30 Espace Pitoëff - Grande Salle Les graffitis de Mai 68 à nos jours

 


Salina Les trois exils • Laurent Gaudé

Actes Sud Éditions , 2018

Qui dira l’histoire de Salina, la mère aux trois fils, la femme aux trois exils, l’enfant abandonnée aux larmes de sel ? Elle fut recueillie par Mamambala et élevée comme sa lle dans un clan qui jamais ne la vit autrement qu’étrangère et qui voulut la soumettre. Au soir de son existence, c’est son dernier fils qui raconte ce qu’elle a été, afin que la mort lui offre le repos que la vie lui a défendu, afin que le récit devienne légende. Renouant avec la veine mythique et archaïque de La Mort du roi Tsongor, Laurent Gaudé écrit la geste douloureuse d’une héroïne lumineuse, puissante et sauvage, qui prit l’amour pour un dû et la vengeance pour une raison de vivre.


Et les colosses tomberont • Laurent Gaudé

Actes Sud Papiers, 2018

Un homme, que la dureté de la vie dans un pays dirigé par l’arbitraire et la corruption pousse à bout, s’immole au milieu d’une rue. Ailleurs, dans la même ville ou peut-être pas, un enfant devient peu à peu aveugle. Le premier est l’étincelle qui embrase les foules, la goutte d’eau qui devient un torrent de contestation sans frontière qu’on appellera le « printemps arabe ». Le second sera érigé en symbole de la révolution qui ne laisse personne derrière elle.

Rencontre le 14 mars - 12h Théâtre de Carouge,
Grande Salle, à La Cuisine • Co-présenté par la Société de Lecture et le Théâtre de Carouge


En bas la ville • Gaël Turine

Éditions Le Bec en l’air, 2017

À l’occasion de la sortie du livre En bas la ville, le photographe Gaël Turine et l’écrivain Laurent Gaudé partagent une poésie photographique qui plonge l’auditoire dans une expérience visuelle et auditive haïtienne. Le dialogue entre les photographies et les textes poétiques a pour vocation de créer une immersion dans cette ville fiévreuse et chaotique.

Haïti - En bas la ville
Laurent Gaudé, Gaël Turine

Mercredi 13 mars - 18h30 Espace Pitoëff - Grande Salle Poésie photographique


Expulsions Brutalité et complexité dans l’économie globale • Saskia Sassen

Éditions Gallimard, 2016

Expulsions ? Ce sont, entre autres exemples, neuf millions de foyers américains chassés de chez eux par la saisie de leur maison suite à la transformation de leur crédit d’accession à la propriété en produits financiers à haut risque ; ce sont ces millions d’Européens ou d’Américains du Sud exclus de leur travail suite aux plans d’austérité imposés par des institutions internationales ; ce sont ces millions d’éleveurs ou de cultivateurs chassés de leurs terres parce que leur État les a vendues à un autre État afin que celui-ci puisse développer les productions nécessaires à l’alimentation de ses classes moyennes ; ce sont ces gaz à effet de serre que les puissances industrielles et productivistes libèrent à chaque instant ; ce sont ces nappes phréatiques asséchées par les procédés ravageurs d’expulsion du gaz de schiste.

Présente le 9 mars - 19h30 Espace Pitoëff - Grande Salle